Chères amies,
Chers amis,

Alors que l'année tire à sa fin, je ne peux m'empêcher de penser à quel point cela a été difficile pour moi personnellement. En décembre dernier, mon partenaire depuis vingt ans a reçu un diagnostic de cancer du sein. L'impact sur moi du diagnostic de Moira a été nettement différent de celui de la mienne, trois ans plus tôt. C'est difficile à décrire, mais lorsque vous vivez votre propre maladie, vous développez un sens accru de votre corps, de votre esprit et de votre âme, et avec cela vient une capacité particulière à le gérer. Mais maintenant, je ne pouvais que regarder de près ce qu'elle traversait, et je n'avais absolument aucun contrôle. Ça m'a terrifié.

Mes craintes se sont concrétisées lorsque sa réaction à la chimiothérapie est devenue débilitante. Elle souffrait intensément de nombreux effets secondaires misérables, si différents de ma propre expérience qui, bien que difficile, m'avait permis de continuer à travailler. Même avec mon propre diagnostic, j'avais hésité à en parler à ma jeune sœur. Je savais qu'elle serait dévastée étant sortie elle-même de son propre traitement pour le cancer du sein. Alors qu’aucune de nous ne porte les gènes du cancer du sein.

Ma belle-sœur vit avec un cancer du sein métastatique (CSm) depuis plus de dix ans. Notre nouvelle membre du conseil d'administration, Elana et sa partenaire Hélène apprennent quotidiennement à vivre avec le CSm. Mon amie Andra, diagnostiquée un an avant moi, m'a fait part de ses histoires, de ses conseils et de son indignation. Elle est morte cet automne des suites de son cancer du sein qui avait métastasé dans tout son corps.

Pourquoi un si grand nombre de nos amies, collègues et membres de la famille sont-elles diagnostiquées d'un cancer du sein ? Et de plus en plus à un plus jeune âge ? Pourquoi les cancers pédiatriques sont-ils à la hausse ? Pourquoi près d'un.e Canadien.ne sur deux recevra-t-il un diagnostic de cancer au cours de sa vie ? Un sur deux ! La population qui a grandi dans la première moitié du XXe siècle, avant la prolifération des produits chimiques, des plastiques et des pesticides, n'a pas été atteinte du cancer dans la proportion des chiffres que nous voyons aujourd'hui.

Action cancer du sein du Québec sensibilise les communautés aux liens environnementaux avec le cancer du sein depuis près de trente ans. Comme beaucoup d'entre vous s'en souviennent, nos premiers messages sont tombés dans l'oreille d'un sourd. Alors que les preuves scientifiques actuelles confirment de plus en plus le danger de l'exposition aux toxiques environnementales présentes dans nos produits et notre environnement quotidiens, de plus en plus de citoyen.nes nous écoutent et sont prêts à agir.

Comment est-il possible qu'au cours des cinq dernières années, le cancer du sein ait touché, transformé ou emporté tant de mes proches : ma partenaire, ma sœur, mes amies et moi-même ?  Ma conviction que la seule lutte que nous perdons est celle que nous abandonnons est ce qui me donne la force de continuer. Action cancer du sein du Québec est là pour le long terme, pour lutter pour la prévention. Pourquoi ne pas dire collectivement : "Arrêtons cette folie, travaillons ensemble pour prévenir le cancer !"

C'est la seule chose qui me semble logique et c'est pourquoi je me sens privilégiée de me lever le matin pour aller faire mon travail à Action cancer du sein du Québec.

Je vous demande de vous joindre à nous dans cette lutte en donnant généreusement parce que nous avons besoin de vous dans ce mouvement.

Chaleureuses salutations,

Patricia Kearns,

Conseillère à la recherche et au réseautage
Action cancer du sein du Québec