par Patricia Kearns

Tant l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) que les Nations Unies reconnaissent que le droit à la santé fait partie intégrante des droits de la personne. Le rapport sur les perturbateurs endocriniens chimiques (PEC) que ces deux organisations ont publié en novembre 2012 en tant que protectrices de ce droit — le rapport le plus complet à ce jour sur cette question — démontre que les perturbations endocriniennes sont beaucoup plus importantes et complexes qu’on ne le pensait il y a dix ans.

State of the Science of Endocrine Disrupting Chemicals – 2012 (en anglais seulement sur le site de l’OMS) est un document fouillé qui met en lumière le potentiel d’effets néfastes sur la santé — des humains et de la faune — de près de 800 produits chimiques dont on sait ou pense qu’ils interfèrent avec nos hormones. Or, précise le rapport, seule une toute petite fraction de ces substances ont fait l’objet de tests susceptibles d’en établir les effets visibles sur le système endocrinien d’organismes sains.

Lorsqu’il fonctionne adéquatement, le système endocrinien règle au quart de tour la sécrétion de certaines hormones essentielles à plusieurs fonctions de l’organisme comme le métabolisme, le sommeil, l’humeur, la croissance et le développement. Le rapport met en évidence des liens entre l’exposition aux PEC, qui dérèglent nos systèmes hormonaux, et différents problèmes de santé, notamment la présence, chez le jeune garçon, d’un ou de deux testicules non descendus, le cancer du sein chez la femme, le cancer de la prostate chez l’homme, les troubles du développement du système nerveux et le déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité chez l’enfant, ainsi que le cancer de la thyroïde.

Les PEC sont omniprésents : on les trouve dans les cosmétiques, dans une foule de produits d’entretien ménager, les plastiques, les appareils électroniques, de même que dans notre eau et notre nourriture. « Nous devons mener d’urgence davantage de recherches afin de mieux connaître les conséquences sanitaires et environnementales des perturbateurs endocriniens », affirme la Dre María Neira, directrice du département Santé publique et environnement de l’OMS.

Les auteurs du rapport exhortent les pays membres :

  • à améliorer les méthodes d’analyse, à s’assurer que les tests actuels fonctionnent adéquatement et à déceler d’autres sources de perturbateurs endocriniens chimiques;
  • à effectuer plus de recherches afin d’établir les effets des mélanges de PEC sur les humains et la faune;
  • à poursuivre la recherche afin de découvrir des PEC existants, mais encore inconnus;
  • à accroître la collaboration entre les pays et à favoriser l’échange de données sur les PEC, particulièrement dans les pays en développement et les économies émergentes.

Dans le cadre de sa plus récente campagne, « Lâchez mes hormones! », ACSM présente certains des faits saillants du rapport.

La campagne vise à informer le public au sujet des PEC. Pour en savoir plus, cliquez ici.